Biodiversité du parc national de la Rusizi
Aire protégée
La biodiversité du parc national de la Rusizi
Dix mille six cent soixante-treize hectares de palmeraie, de marais et de delta, aux portes de Bujumbura. Ce que les sources officielles disent de ce qui y vit, de ce qui le menace et de ce qui le protège.
Illustration : ACAPE Burundi. Données : CHM Burundi (OBPE) et fiche Ramsar n° 1180.
Chaque chiffre vient d’une source nommée et vérifiable, citée en bas de page. Quand deux sources officielles se contredisent — et c’est le cas pour la superficie et pour le nombre d’oiseaux — les deux versions sont données, sans en choisir une.
Les illustrations ont été dessinées pour cette page par ACAPE Burundi. Elles sont schématiques : aucune n’a valeur de carte ni de relevé de terrain.
Le parc s’étend dans la plaine de la Rusizi, au nord de la région naturelle de l’Imbo et du lac Tanganyika, sur les provinces de Bubanza et de Bujumbura. Il est géré par l’Office burundais pour la protection de l’environnement.
Le parc en bref
Six repères pour situer
Les données ci-dessous proviennent du Centre d’échange d’information sur la biodiversité du Burundi et de la fiche Ramsar du site.
10 673 hectares
Fixée par le décret de 2011 et reprise par la fiche Ramsar.
Trois entités
Palmeraie 8 867 ha, delta 1 363 ha, corridor de liaison 443 ha.
Site Ramsar n° 1180
Inscrit le 5 juin 2002 sur la liste des zones humides d’importance internationale.
350 espèces
Sédentaires et migratrices, selonle CHM Burundi.
Plus de 1 000 espèces
Dans le seul secteur Palmeraie ; 193 espèces identifiées dans le delta.
775 mètres
Altitude moyenne relevée au niveau du delta.
Les milieux
De la rivière au lac
La palmeraie, les prairies, les marais et le delta se succèdent le long de la Rusizi jusqu’au Tanganyika.
Illustration : ACAPE Burundi. Données : CHM Burundi (OBPE), liste indicative de l’UNESCO (2007), fiche Ramsar n° 1180.
Le secteur Palmeraie doit son nom au faux palmier Hyphaene benguellensis var. ventricosa. Le dossier déposé par le Burundi sur la liste indicative du patrimoine mondial en 2007 décrit environ 1 200 hectares de palmeraie le long de la rivière et précise que les graines de cet arbre, appelées « ivoire végétal », ne se rencontrent nulle part ailleurs dans le pays à cette concentration.
Le secteur Delta est la partie humide, à l’embouchure de la Rusizi dans le lac Tanganyika. C’est ce complexe de delta intérieur permanent, de lacs d’eau douce, de rivières et de marais qui a valu au site son inscription sur la liste de Ramsar.
Qui vit là
La faune et la flore recensées
Dépliez un groupe pour voir les espèces nommées par les sources. Aucune espèce n’a été ajoutée à ces listes.
Illustration : ACAPE Burundi. Données : CHM Burundi (OBPE) ; comptages divergents de la fiche Ramsar n° 1180 rappelés sur la figure.
Mammifères · 19 espèces
L’hippopotame (Hippopotamus amphibius) est l’espèce emblématique du parc. Le guib harnaché (Tragelaphus scriptus) et le sitatunga (Tragelaphus spekii) y sont également recensés ; le sitatunga, antilope des marais, est signalé comme menacé par le Centre d’échange d’information sur la biodiversité du Burundi.
Oiseaux · 350 espèces
Le CHM Burundi recense 350 espèces sédentaires et migratrices. Les dendrocygnes (Dendrocygna viduata et Dendrocygna bicolor) forment les rassemblements les plus spectaculaires : leurs effectifs peuvent atteindre 6 000 individus au mois de juillet.
La fiche Ramsar du site, plus ancienne, compte différemment : plus de 120 espèces nicheuses et 90 espèces migratrices. Les deux chiffres coexistent dans les documents officiels ; aucun des deux n’a été retenu au détriment de l’autre sur cette page.
Reptiles · 12 espèces
Le crocodile du Nil (Crocodylus niloticus) et la péluse de Castanho (Pelusios castaneus), tortue d’eau douce, figurent parmi les espèces citées.
Poissons · 44 espèces en rivière, 11 en étangs
Le protoptère (Protopterus aethiopicus), poisson à poumons capable de survivre à l’assèchement de son milieu, est signalé parmi ces espèces. La fiche Ramsar, elle, annonce 90 espèces de poissons pour le site.
Amphibiens · 17 espèces
Le CHM Burundi donne le nombre sans détailler les espèces. Cette page ne comble pas ce vide.
Flore · plus de 1 000 espèces
Plus de 1 000 espèces végétales sont recensées dans le seul secteur Palmeraie, et 193 dans le delta. Le faux palmier Hyphaene benguellensis var. ventricosa donne au parc son caractère unique dans le pays.
Statut juridique
Un parc, une réserve, puis un parc de nouveau
Le périmètre et le statut du site ont changé plusieurs fois depuis 1980. Les superficies annoncées varient avec eux.
Illustration : ACAPE Burundi. Données : CHM Burundi (OBPE), fiche Ramsar n° 1180, liste indicative de l’UNESCO, UNESCO (juillet 2024), Iwacu (août 2026).
Pourquoi les superficies ne concordent pas
Quatre valeurs circulent dans les documents officiels : environ 8 000 hectares à la création en 1980 ; 12 350 hectares lors de l’érection en parc national en 1990 ; 5 932 hectares dans le dossier déposé à l’UNESCO en 2007 ; 10 673 hectares depuis le décret de 2011, valeur également portée sur la fiche Ramsar.
Ces écarts reflètent des redécoupages successifs, et non des erreurs de mesure. La valeur en vigueur aujourd’hui est celle du décret de 2011 : 10 673 hectares.
La page Wikipédia francophone du parc annonce pour sa part 5 932 hectares dans son texte et 9 000 hectares dans sa fiche : ces chiffres ne sont pas repris ici, la source se contredisant elle-même.
Où en est la candidature à l’UNESCO
Le site figure sur la liste indicative du patrimoine mondial depuis le 9 mai 2007, au titre des critères naturels (vii) et (ix). Figurer sur cette liste n’est pas être inscrit : c’est déclarer une intention de candidature.
Du 15 au 24 juillet 2024, une mission d’experts appuyée par le projet Earth Network et financée par le gouvernement italien a travaillé avec l’OBPE et la Commission nationale pour l’UNESCO à la préparation des dossiers de candidature, pour la Rusizi comme pour la Kibira, en réserve de biosphère et en bien du patrimoine mondial. À ce jour, aucune de ces deux inscriptions n’est acquise.
Pressions et réponses
Ce qui menace, ce qui protège
Les pressions recensées auprès des agents du parc en 2023, et les moyens qui lui ont été remis en août 2026.
Illustration : ACAPE Burundi. Données : Afrimag (février 2023) et Iwacu (août 2026).
Les deux colonnes ne se répondent pas terme à terme. Trois ans séparent les deux constats, et aucune source consultée ne mesure l’effet des moyens remis en 2026 sur les pressions décrites en 2023. Cette page ne l’affirme donc pas.
Pour le parcours
Ce que la Rusizi apprend
Proposition d’ACAPE Burundi : ce site sert d’exemple concret à trois notions du parcours.
Biodiversité
Un même site réunit 350 espèces d’oiseaux et plus de 1 000 espèces végétales. Il montre ce que recouvre le mot « biodiversité » autrement que par une définition.
Eau et zones humides
Le delta est une zone humide reconnue au niveau international. Il illustre le rôle de ces milieux dans la vie d’une rivière et d’un lac.
Écocitoyenneté
Les pressions listées ici — défrichement, carbonisation, pâturage — sont des gestes du quotidien. Elles posent la question des règles communes et de ce que chacun peut faire.
Centre d’échange d’information sur la biodiversité du Burundi (OBPE), fiche du parc national de la Rusizi · Convention sur les zones humides, fiche du site Ramsar n° 1180, inscrit le 5 juin 2002 · UNESCO, liste indicative du patrimoine mondial, dossier soumis le 9 mai 2007 · UNESCO, mission d’experts du 15 au 24 juillet 2024 (projet Earth Network) · Afrimag, 21 février 2023 · Iwacu, 20 août 2026.
Voir les cinq illustrations · Le Burundi, écrin de richesses · Suivre la formation environnementale
Les illustrations de cette page ont été produites par ACAPE Burundi à partir de ces sources. Elles peuvent être reprises et modifiées, à condition de citer ACAPE Burundi et les sources des données.