Aire protégée

La biodiversité du parc national de la Kibira

Quatre-vingts kilomètres de forêt de montagne sur la crête Congo-Nil. La plus grande forêt du Burundi, son château d’eau, et la moitié de ce qu’elle était il y a quatre-vingt-dix ans.

Schéma du parc national de la Kibira le long de la crête Congo-Nil

Illustration : ACAPE Burundi. Données : CHM Burundi (OBPE) ; liste indicative de l’UNESCO, dossier soumis le 3 février 2026.

Comment cette page est faite

Chaque chiffre vient d’une source nommée, citée en bas de page. Quand les sources divergent — et elles divergent sur la superficie — les deux valeurs sont données.

Les illustrations ont été dessinées pour cette page par ACAPE Burundi. Elles sont schématiques : aucune n’a valeur de carte.

La Kibira occupe le nord-ouest du pays et se prolonge au nord par la forêt de Nyungwe, au Rwanda : les deux massifs forment un même ensemble forestier. Le parc est géré par l’Office burundais pour la protection de l’environnement.

Le parc en bref

Six repères pour situer

Données du Centre d’échange d’information sur la biodiversité du Burundi et du dossier déposé à l’UNESCO en février 2026.

Superficie

40 000 à 40 600 ha

40 000 ha selon le CHM Burundi, 40 600 ha selon le dossier UNESCO de 2026, soit 1,4 % du territoire.

Forme

80 km de long

Pour environ 8 km de largeur, le long de la crête Congo-Nil.

Altitudes

1 600 à 2 666 m

La forêt monte en moyenne jusqu’à 2 500 mètres.

Pluviométrie

1 700 à 2 000 mm

Par an. Le parc régule les eaux de la plaine de l’Imbo et des plateaux voisins.

Mammifères

98 espèces

Dont le chimpanzé de l’Est et une dizaine d’espèces de primates.

Flore

Plus de 644 espèces

Dont 60 des 70 espèces forestières endémiques du Burundi.

Végétation

Ce que l’altitude change

La forêt change avec l’altitude, mais les sources ne disent pas où passe chaque limite.

Étagement de la végétation du parc entre 1 600 et 2 666 mètres

Illustration : ACAPE Burundi. Données : CHM Burundi (OBPE) ; liste indicative de l’UNESCO (3 février 2026).

La forêt primaire est dominée par Parinari excelsa, la forêt secondaire par Hagenia abyssinica. S’y ajoutent une bambousaie à Arundinaria alpina, des landes d’altitude à Philippia benguellensis et Protea madiensis, et des marais de haute altitude.

Les sources ne précisent pas l’altitude propre à chacune de ces formations. Le schéma ne les superpose donc pas : il place seulement les deux limites connues, 2 500 mètres pour la forêt et 2 666 mètres pour le point haut.

Eau

Là où les eaux se séparent

La crête qui traverse le parc sépare les eaux du bassin du Congo de celles du bassin du Nil.

Coupe montrant le rôle hydrologique du parc entre les bassins du Congo et du Nil

Illustration : ACAPE Burundi. Données : CHM Burundi (OBPE) ; liste indicative de l’UNESCO (3 février 2026).

Avec 1 700 à 2 000 millimètres de pluie par an, le massif joue le rôle de régulateur des eaux pour la plaine de l’Imbo et les plateaux qui l’entourent. C’est l’un des arguments retenus par le dossier déposé à l’UNESCO, qui parle d’un château d’eau pour les bassins d’Afrique centrale et orientale.

Qui vit là

La faune recensée

Attention à la lecture : primates, insectivores et chiroptères font partie des 98 espèces, ils ne s’y ajoutent pas.

Décomposition des 98 espèces de mammifères du parc

Illustration : ACAPE Burundi. Données : CHM Burundi (OBPE) ; liste indicative de l’UNESCO (3 février 2026).

Primates · une dizaine d’espèces

Le chimpanzé de l’Est (Pan troglodytes schweinfurthii) est l’espèce la plus emblématique du parc. Le singe argenté (Cercopithecus mitis doggetti) est le plus fréquemment observé.

Insectivores · 20 espèces

Trois d’entre elles sont signalées comme endémiques : Myosorex blarina, Crocidura lasona et Crocidura niobe.

Autres mammifères

Guib harnaché, potamochère, céphalophe à dos jaune, céphalophe à front noir, serval, chacal à flancs rayés et civette figurent parmi les espèces nommées. Le parc compte aussi huit espèces de chiroptères.

Oiseaux · environ 200 espèces

Parmi les espèces remarquables citées : Lophaetus occipitalis, Corythaeola cristata et Bycanistes subcylindricus. Le parc abrite quatorze espèces de nectarins.

Reptiles

Deux serpents sont nommés par le CHM Burundi : Atheris nitschei et Bitis gabonica. Aucun total n’est donné pour les reptiles.

Amphibiens et poissons

Le CHM Burundi indique que, pour ces deux groupes, « les études restent à faire ». Cette page n’avance donc aucun chiffre.

Endémisme

L’héritage du rift Albertin

La Kibira appartient au rift Albertin, l’un des foyers d’endémisme du continent africain.

Endémisme de la flore et de l’avifaune du parc

Illustration : ACAPE Burundi. Données : liste indicative de l’UNESCO (3 février 2026) ; CHM Burundi (OBPE).

Soixante des soixante-dix espèces forestières endémiques du Burundi vivent dans ce seul parc. Côté oiseaux, vingt-trois espèces endémiques du rift Albertin y sont recensées, dont cinq d’intérêt mondial.

Pression

Ce que la forêt a perdu

Une enquête publiée en novembre 2025 avance une superficie de 90 000 hectares pour 1933.

Comparaison de la superficie citée pour 1933 et de la superficie actuelle

Illustration : ACAPE Burundi. Données : Ibihe, 19 novembre 2025 ; CHM Burundi (OBPE) ; liste indicative de l’UNESCO (3 février 2026).

L’enquête du média Ibihe, qui cite le professeur Richard Habonayo de l’Université du Burundi, avance une superficie de 90 000 hectares en 1933, encore constatée au début des années 1950. Rapportée aux 40 000 à 40 600 hectares officiels d’aujourd’hui, la différence approche 55 %.

Les pressions identifiées par cette enquête sont l’implantation et l’extension des plantations de thé, les champs de recherche, la coupe de bois destinée au séchage des feuilles de thé, et les activités des communautés riveraines.

La même enquête annonce en titre une chute des chimpanzés « de 500 à 200 ». Ni la date ni la méthode de ces comptages ne sont précisées : ce chiffre est rapporté ici comme une affirmation de l’enquête, non comme une donnée établie.

Reconnaissance

Une candidature au patrimoine mondial

Le Burundi a déposé un dossier pour la Kibira au début de l’année 2026.

Où en est la candidature

Le parc figure sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis le 3 février 2026, au titre des critères naturels (viii), (ix) et (x).

Figurer sur cette liste n’est pas être inscrit : c’est déclarer une intention de candidature. Le dossier met en avant la formation géologique de la crête Congo-Nil, le rôle de château d’eau du massif, et un écosystème forestier de montagne resté intact, à l’étagement marqué.

Une mission d’experts appuyée par le projet Earth Network avait travaillé du 15 au 24 juillet 2024 avec l’OBPE et la Commission nationale pour l’UNESCO à la préparation des dossiers de la Kibira et de la Rusizi. À ce jour, aucune inscription n’est acquise.

Pour le parcours

Ce que la Kibira apprend

Proposition d’ACAPE Burundi : trois entrées vers les modules du parcours.

Module 6

Biodiversité

Soixante espèces forestières endémiques sur les soixante-dix du pays : un cas d’école pour comprendre ce qu’est l’endémisme et pourquoi il rend un lieu irremplaçable.

Module 5

Eau et zones humides

Une forêt de montagne qui alimente deux bassins continentaux : la meilleure illustration du lien entre couvert forestier et ressource en eau.

Module 7

Reboisement et restauration

La comparaison entre 1933 et aujourd’hui pose la question de ce qui se perd, de ce qui se restaure, et de ce qui ne se restaure pas.

Sources

Centre d’échange d’information sur la biodiversité du Burundi (OBPE), fiche du parc national de la Kibira · UNESCO, liste indicative du patrimoine mondial, dossier soumis le 3 février 2026 · UNESCO, mission d’experts du 15 au 24 juillet 2024 (projet Earth Network) · Ibihe, 19 novembre 2025.

Voir les six illustrations · Biodiversité du parc national de la Rusizi · Suivre la formation environnementale

Les illustrations de cette page ont été produites par ACAPE Burundi à partir de ces sources. Elles peuvent être reprises et modifiées, à condition de citer ACAPE Burundi et les sources des données.

Modifié le: jeudi 17 septembre 2026, 10:06