Aire protégée

La biodiversité du parc national de la Ruvubu

Cinquante mille huit cents hectares de savane et de galeries forestières le long de la rivière aux hippopotames. Ce que les sources disent de ce qui y vit, et de l’été où un cinquième du parc a brûlé.

Schéma du parc national de la Ruvubu le long de la rivière

Illustration : ACAPE Burundi. Données : CHM Burundi (OBPE) ; Burundi Eco, 6 août 2021.

Comment cette page est faite

Chaque chiffre vient d’une source nommée, citée en bas de page. Lorsque les sources divergent — et elles divergent sur le nombre d’oiseaux comme sur la superficie — les deux valeurs sont données.

Les illustrations ont été dessinées pour cette page par ACAPE Burundi. Elles sont schématiques : aucune n’a valeur de carte.

Le parc s’étend à l’est du pays, sur 62 kilomètres du sud-ouest au nord-est, avec une largeur de 5 à 13 kilomètres, entre 1 350 et 1 836 mètres d’altitude. Il est géré par l’Office burundais pour la protection de l’environnement.

Le parc en bref

Six repères pour situer

Données du Centre d’échange d’information sur la biodiversité du Burundi et de la fiche Ramsar.

Superficie

50 800 hectares

Le CHM Burundi mentionne aussi 50 900 ha ; la fiche Ramsar retient 50 800.

Forme

62 km de long

Pour une largeur de 5 à 13 km, le long de la rivière Ruvubu.

Altitudes

1 350 à 1 836 m

Des plateaux de l’est du Burundi.

Statut international

Site Ramsar n° 2148

Inscrit le 14 mars 2013 sur la liste des zones humides d’importance internationale.

Territoire

Quatre provinces

Cankuzo, Ruyigi, Muyinga et Karusi, selon le découpage antérieur à 2025.

Oiseaux

421 espèces

Selon le CHM Burundi ; d’autres sources en comptent 425.

Territoire

À cheval sur quatre provinces

Le parc n’appartient à aucune province en particulier : il les traverse.

Répartition de la superficie du parc entre quatre provinces

Illustration : ACAPE Burundi. Données : Burundi Eco, 6 août 2021 ; CHM Burundi (OBPE).

Les chiffres disponibles datent d’avant le découpage territorial de 2025. Depuis, Cankuzo, Ruyigi et Muyinga relèvent de la province Buhumuza, et Karusi de la province Gitega. Aucune source consultée ne redonne la répartition dans le nouveau découpage ; elle n’est donc pas recalculée ici.

Végétation

Ce qui pousse sur ces plateaux

La savane domine largement, ponctuée de bois, de galeries forestières et de marais.

Part des formations végétales dans le parc

Illustration : ACAPE Burundi. Données : CHM Burundi (OBPE), 15 novembre 2021.

Aux trois formations chiffrées s’ajoutent, sans proportion connue, les galeries forestières qui suivent la rivière et les marais à papyrus (Cyperus papyrus).

Qui vit là

La faune recensée

Dépliez un groupe pour voir les espèces nommées par les sources.

Nombre d’espèces recensées par groupe

Illustration : ACAPE Burundi. Données : CHM Burundi (OBPE) ; Burundi Eco, 6 août 2021.

Mammifères · 44 espèces

L’hippopotame (Hippopotamus amphibius) a donné son nom à la rivière : Ruvubu signifie « rivière aux hippopotames ». Le buffle (Syncerus caffer), la panthère (Panthera pardus) et le chacal à flancs rayés (Canis adustus) figurent parmi les espèces citées, avec le cobe défassa et le sitatunga.

Oiseaux · 421 espèces

Le CHM Burundi recense 421 espèces, dont plus de 200 espèces d’oiseaux d’eau, et signale la présence d’oiseaux migrateurs venus d’Europe.

Burundi Eco et le bulletin du Ministère de la Communication annoncent pour leur part 425 espèces. L’écart est faible mais réel ; les deux valeurs sont conservées telles quelles.

Reptiles

Le crocodile du Nil (Crocodylus niloticus) est présent dans la rivière. Le CHM Burundi signale au moins neuf espèces de serpents, sans donner de total pour les reptiles.

Poissons · 14 espèces

Le genre Barbus domine l’inventaire.

Amphibiens

Trois espèces sont nommées par le CHM Burundi : Ptychadena uzunguensis, Ptychadena loveridgei et Bufo maculatus. Aucun total n’est donné.

Flore

Environ 300 espèces végétales sont signalées, le CHM Burundi précisant lui-même que cet inventaire n’est pas exhaustif. Ce chiffre est donc un plancher, pas un total.

Histoire

Du terrain de chasse au site Ramsar

Le parc a mis quarante ans à devenir ce qu’il est. Certaines étapes ont coûté cher aux riverains.

Chronologie du parc national de la Ruvubu

Illustration : ACAPE Burundi. Données : CHM Burundi (OBPE) ; fiche Ramsar n° 2148 ; Point Afrique, 23 août 2026.

Les trente-trois collines évacuées en 1991

La délimitation du parc, en 1991, s’est accompagnée de l’évacuation de trente-trois collines. Le fait est rapporté par le Centre d’échange d’information sur la biodiversité du Burundi.

Aucune source consultée ne précise combien de ménages étaient concernés, ni s’ils ont été indemnisés ou réinstallés. Cette page ne comble pas ce silence, mais elle ne le passe pas sous silence non plus.

Pourquoi 50 800 et non 50 900 hectares

Le CHM Burundi mentionne les deux valeurs. La fiche Ramsar, comme l’ensemble des sources récentes, retient 50 800 hectares : c’est la valeur utilisée sur cette page.

Actualité

L’été 2026 : un cinquième du parc brûlé

Des incendies déclarés à partir de la fin juillet 2026 ont détruit plus de dix mille hectares.

Part du parc brûlée en 2026 et moyens de surveillance disponibles

Illustration : ACAPE Burundi. Données : Point Afrique, 23 août 2026.

Le chef gestionnaire du parc, Marc Bakundintwari, indique disposer de quarante gardes forestiers pour l’ensemble des 50 800 hectares, là où il en faudrait environ quarante-cinq. Les origines avancées des feux sont multiples et aucune n’est établie : braconniers, ramassage de bois de chauffe, conduite du bétail, ouverture de passages vers la Tanzanie.

Conséquence rapportée : la destruction des habitats pousse les animaux hors des limites du parc et accroît les conflits avec les populations riveraines.

Visiter

Ce que coûte et rapporte la visite

Les chiffres ci-dessous datent de 2021 ; ils n’ont pas été actualisés depuis par les sources consultées.

Tarifs, recettes et accueil en 2021

Tarifs : 5 000 FBu pour un visiteur burundais, 20 000 FBu pour un visiteur étranger, 50 000 FBu de l’heure pour une promenade sur la rivière.

Recettes : de 600 000 à 700 000 FBu par mois pour les seules entrées ; de 5 à 6 millions de FBu en incluant les amendes.

Accueil : un seul hôtel en service, le gîte de Gasave, qui compte six chambres.

Personnel : 63 agents au total en 2021, dont dix gardes forestiers pour le seul secteur de Muremera, équipés de moyens rudimentaires face au braconnage.

Pour le parcours

Ce que la Ruvubu apprend

Proposition d’ACAPE Burundi : trois entrées vers les modules du parcours.

Module 6

Biodiversité

Quatre cent vingt et une espèces d’oiseaux sur un seul site : de quoi donner un contenu concret à la notion de richesse spécifique.

Module 1

Introduction à l’environnement

Les feux de 2026 montrent en une saison ce qu’une pression humaine fait à un milieu, et comment elle revient ensuite vers les habitants.

Module 8

Écocitoyenneté

Quarante gardes pour cinquante mille hectares : la protection d’une aire protégée ne tient pas sans les riverains.

Sources

Centre d’échange d’information sur la biodiversité du Burundi (OBPE), fiche du parc national de la Ruvubu et article du 15 novembre 2021 · Convention sur les zones humides, fiche du site Ramsar n° 2148, inscrit le 14 mars 2013 · Burundi Eco, 6 août 2021 · Point Afrique, 23 août 2026 · bulletin annuel 2025-2026 du Ministère de la Communication et des Médias.

Voir les six illustrations · Biodiversité du parc national de la Rusizi · Suivre la formation environnementale

Les illustrations de cette page ont été produites par ACAPE Burundi à partir de ces sources. Elles peuvent être reprises et modifiées, à condition de citer ACAPE Burundi et les sources des données.

Modifié le: jeudi 17 septembre 2026, 10:04